Les débats théologiques
au XIXe siècle

Le XIXe siècle va être marqué par un nouveau climat théologique. Plusieurs courants de pensée s’affrontent, sous-tendus par l’influence de la théologie allemande, par la diffusion de la critique historique de la Bible, sans oublier l’importance de l’affectivité liée à l’essor du romantisme.

Des courants de pensée s'affrontent

  • Alexandre Vinet (1797-1847)
    Alexandre Vinet (1797-1847) © S.H.P.F.

Au XIXe siècle, dans la communauté protestante, le climat théologique change. Un tournant considérable s’opère dans la pensée et la piété protestantes sous l’influence de quatre facteurs :

  • Une nouvelle conception de la connaissance, en lien avec le renversement opéré par la philosophie de Kant.
  • L’importance plus grande donnée à l’affectivité en lien avec le romantisme.
  • Une nouvelle manière de lire et de comprendre la Bible, liée à l’essor de la critique historique et littéraire des textes.
  • La laïcisation de la société.

Plusieurs courants théologiques et spirituels marquent et divisent le protestantisme européen, et plus particulièrement français : le libéralisme, les Réveils et le courant orthodoxe ou évangélique. Si les distinguer aide à comprendre ce qui se passe, il ne faut pas établir entre eux des oppositions radicales, ni tracer des frontières tranchées. Souvent, ils se combinent, s’associent ou sont en tension chez les mêmes hommes. Parmi les orthodoxes et les libéraux, certains sont hostiles au Réveil, d’autres en subissent l’influence. Beaucoup essaient de combiner orthodoxie et libéralisme. Tous subissent les mêmes influences : Schleiermacher, Vinet. Même si les conflits sont parfois vifs, les positions des uns et des autres sont complexes et mouvantes. Certains évoluent du Réveil vers le libéralisme le plus extrême et même jusqu’à la libre-pensée. Le Synode de 1872 aboutit à une rupture entre orthodoxes et libéraux.

À la fin du XIXe siècle, les débats se déplacent et parfois s’approfondissent sous une double influence : celle du symbolo-fidéisme et celle du christianisme social.

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