Le temple-église de
Beaumont-lès-Valence (Drôme)

Dès le XVIe siècle, les protestants édifient une Église réformée à Beaumont-lès-Valence. En 1806, les pouvoirs publics décident de partager l’église entre les deux confessions catholique et protestante selon le principe du simultaneum : les fidèles font ainsi usage du même bâtiment, l’église-temple.

Tour à tour église catholique puis temple protestant

  • Partie protestante du temple de Beaumont-lès-Valence (Drôme)
    Partie protestante du temple de Beaumont-lès-Valence (Drôme) © M. Chalamet
  • Partie catholique du temple de Beaumont-lès-Valence (Drôme)
    Partie catholique du temple de Beaumont-lès-Valence (Drôme) © M. Chalamet

L’église primitive de Beaumont est construite par les bénédictins de l’abbaye de la Chaise-Dieu au XIIe siècle. Dès la Réforme, elle est utilisée par les protestants pour leur culte.

Mais les affrontements entre protestants et catholiques entraînent le pillage de l’église pendant trois années consécutives, de 1559 à 1561. En 1562, le baron des Adrets, François de Beaumont, brûle, pille et incendie le sanctuaire. Les protestants construisent alors un nouveau temple.

Après l’édit de Nantes (1598), l’église est rendue aux catholiques. En 1665, la toiture et le clocher s’effondrent : l’édifice est abandonné. Quant au temple protestant, il est détruit lors de la révocation de L’Édit de Nantes.

En 1731, l’évêque de Valence, également seigneur de Beaumont, ordonne la reconstruction de la vieille église : le bâtiment prend alors son visage actuel.

Partage entre les deux confessions

Après la Révolution et le Concordat, l’édifice est attribué en 1805 conjointement aux protestants et aux catholiques, selon le principe du simultaneum. Un mur sépare l’église en deux : le chœur et l’abside sont utilisés par les catholiques, la nef et le portail par les protestants ; les entrées sont séparées. La partie protestante présente des murs nus, alors que la partie catholique a conservé ses ornements et les vitraux de l’abside.

Cette situation perdure aujourd’hui. Mais une ouverture du mur entre les deux parties du bâtiment est inaugurée en 2008, en signe concret d’œcuménisme. Le temple-église est classé aux Monuments historiques depuis 1914.

Bibliographie

  • Livres
    • LAURENT René, Promenade à travers les temples de France, Les Presses du Languedoc, Millau, 1996, p. 520

Notices associées

  • Lieux de mémoire en Rhône-Alpes

    Cette grande région couvre les départements de l’Ardèche (07), de la Drôme (26), de l’Isère (38), de la Loire (42), du Rhône (69), de l’Ain (01), de la Savoie (73)...
  • Églises du patrimoine catholique devenues temples après 1802

    De nombreuses églises et chapelles, vendues pendant la Révolution comme biens nationaux sont affectées au culte protestant, après les lois organiques de 1802.
  • Le simultaneum

    Le simultaneum résulte de l’histoire alsacienne. Il s’agit d’un édifice cultuel utilisé simultanément par les deux confessions catholique et protestante.