Fortune et infortunes d’un poète libre, à la bibliothèque Mazarine et de l’institut de France du 9 octobre 2026 au 9 janvier 2027. Entrée libre du lundi au samedi de 10h à 18h, quai Conti (Paris 6e).
Poète à la destinée tragique et figure fugitive du Grand Siècle, Théophile de Viau est devenu le symbole d’une liberté scandaleuse de penser, d’agir et d’écrire. Son œuvre comme sa vie aventureuse reflètent la difficulté de « courir la carrière » dans une époque traversée de fortes tensions politiques, culturelles et religieuses.
Né dans une famille protestante de petite noblesse gasconne, il s’impose à Paris par son talent poétique et l’appui de protecteurs. Considéré comme le chef de file des lettrés modernes, il est au sommet de sa gloire lorsque des libraires publient le Parnasse satyrique, un recueil de pièces érotiques et matérialistes s’ouvrant par un sonnet qui lui est attribué. Les milieux dévots attaquent en lui la figure de proue du libertinage : le jésuite François Garasse publie sa Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, et le procureur Mathieu Molé instruit son procès ; une guerre de libelles éclate. Condamné le 18 août 1623 à être brûlé vif avec ses ouvrages, il se défend lui-même à coups de vers, composés dans sa cellule de la Conciergerie puis à Chantilly, où il trouve un ultime refuge, auprès du duc de Montmorency.
Son héritage, entretenu par les rééditions de Georges de Scudéry et Jean Mairet puis par des auteurs tels La Fontaine ou Cyrano de Bergerac, se heurte au classicisme triomphant de Boileau. Estompé de la mémoire collective puis ressuscité par Théophile Gautier […]
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