Martin Luther, figure fondatrice de la Réforme
L’historien et théologien Marc Lienhard invite à redécouvrir Martin Luther non seulement comme réformateur, mais comme homme guidé par une quête profonde de vérité. Luther, ébranlé par sa propre conscience face à la corruption et aux pratiques contestables de l’Église catholique, entreprend une démarche de réforme spirituelle. Sa publication des 95 thèses en 1517 apparaît ainsi comme l’expression d’un désir sincère de retour à un christianisme plus authentique et accessible, porteur d’une foi ancrée dans les Écritures.
La portée théologique et intellectuelle de la Réforme
Lienhard met en lumière l’impact décisif de Luther : la reconnaissance de la seule autorité de la Bible et la justification de la foi par la grâce seule, sans œuvres. Cette affirmation bouleverse les fondements de la théologie médiévale et redéfinit le rapport de l’individu au divin. Luther, grâce à sa traduction en langue vernaculaire, ouvre une brèche essentielle : le croyant n’a plus besoin d’intermédiaire pour accéder à la Parole, ce qui entraîne des mutations profondes dans la vie cultuelle, intellectuelle et sociale de l’Europe.
Héritage et résonances contemporaines
Selon Lienhard, l’héritage de Luther ne s’est jamais éteint. Sa volonté d’un christianisme retourné à sa source biblique, sa foi en la dignité inhérente de tout croyant et sa critique courageuse des excès institutionnels continuent d’inspirer. Aujourd’hui encore, des questionnements sur l’autorité, la responsabilité individuelle et l’accès direct à la parole sacrée trouvent écho dans ce geste fondateur. La Réforme demeure un événement majeur, non seulement historique, mais également intellectuel et spirituel, dont les retentissements traversent les siècles jusqu’à nous.