Les origines picardes de Jean Calvin
La vidéo nous introduit à l’histoire du réformateur Jean Calvin, natif de Noyon, en Picardie, en 1509. Si son nom est aujourd’hui mondialement associé au protestantisme, peu savent que ses racines sont profondément ancrées dans cette région française. C’est à l’emplacement de sa maison natale, détruite durant la Première Guerre mondiale, qu’a été construit le musée Calvin. Seule subsiste de la demeure originelle une cave du XVIe siècle, vestige symbolique des fondations spirituelles que le réformateur posera plus tard à Genève. Ce musée attire aujourd’hui de nombreux visiteurs internationaux, dont une majorité de Sud-Coréens, sensibles à l’héritage calviniste.
D’un avenir ecclésiastique à la rupture religieuse
Rien, dans les premières années de Calvin, ne laissait présager une rupture avec l’Église catholique. Issu d’une bourgeoisie montante, il grandit dans un univers clérical : son père, Gérard Cauvin, administre les biens du chapitre épiscopal de Noyon. À douze ans, Jean Calvin est même nommé bénéficiaire d’une chapelle, poste qui lui procure des revenus. Ces rentes serviront à financer ses études, d’abord en lettres puis en droit. Toutefois, un conflit financier entre son père et l’évêché marquera un éloignement progressif du jeune homme vis-à-vis de l’institution ecclésiale.
L’influence des humanistes et le choix de la Réforme
Au contact des humanistes et grâce à la diffusion de la Bible en langue vernaculaire, notamment par Lefèvre d’Étaples, Calvin découvre une lecture directe des Écritures. Cette expérience bouleverse sa compréhension de la foi et l’amène à rejeter les dogmes de l’Église romaine. En 1534, il renonce définitivement à ses bénéfices ecclésiastiques. Dès lors, l’exil s’impose comme voie nécessaire. Il bâtit une théologie centrée sur la souveraineté de Dieu, la grâce gratuite, et l’autorité de la Bible, rejetant tout clergé intermédiaire. Cette pensée, née en Picardie, allait profondément marquer l’Europe.