Les origines de l’œcuménisme chrétien
Dans cette conférence, Michel Leplay retrace l’histoire de l’œcuménisme depuis ses prémices intellectuelles au siècle des Lumières jusqu’à ses formes contemporaines. Dès le XVIIIe siècle, certains penseurs comme Montesquieu envisagent déjà une convergence entre catholicisme et protestantisme. Toutefois, c’est surtout au XXe siècle que les premiers pas institutionnels sont franchis, d’abord lors de la conférence missionnaire d’Édimbourg en 1910, où les Églises protestantes, conscientes des divisions nuisibles sur le terrain missionnaire, décident de coopérer. Ce moment fondateur sera suivi par la création du Conseil œcuménique des Églises en 1948, dans un contexte marqué par les deux guerres mondiales et les responsabilités des confessions chrétiennes dans les conflits.
Un double enracinement : foi et service
Michel Leplay insiste sur la double vocation de l’œcuménisme : doctrinale et diaconale. Il ne s’agit pas uniquement de trouver un accord sur les doctrines ou les liturgies, mais aussi de servir ensemble l’humanité souffrante. Cette dimension sociale du christianisme, incarnée par des organisations comme la Cimade, reste inséparable de la quête d’unité. L’œcuménisme s’est donc construit à la fois autour de la confession de foi et de l’engagement solidaire dans la société.
Les défis contemporains de l’unité chrétienne
Aujourd’hui, le dialogue œcuménique ne porte plus seulement sur les doctrines traditionnelles, mais se confronte aux grandes questions éthiques contemporaines : l’homosexualité, la bioéthique, le rôle des femmes. Ces débats provoquent des tensions internes au sein même des Églises. Michel Leplay plaide alors pour une communion vivante plus qu’une unité institutionnelle, soulignant que la diversité n’est pas une faiblesse mais une richesse. Le protestantisme, loin d’être une parenthèse, demeure une hypothèse vivante, une forme de fidélité dynamique à l’Évangile, appelant sans cesse à la réforme, au discernement et à l’humilité dans la foi.