Histoire et architecture des temples protestants

Les protestants adoptèrent très vite le terme de temple, qui est resté une spécificité du calvinisme français ; en revanche les luthériens, anglicans, presbytériens ou épiscopaliens ont gardé le terme d’église. Il y avait en 2011 en France, 4000 paroisses desservant la quinzaine d’églises issues du protestantisme.

Cette étude se limitera pour l’essentiel au luthéro-calvinisme, le seul à remonter à la Réforme, qui regroupe environ 800 temples pour 750.000 protestants ; les autres, d’origine étrangère et d’implantation récente, étant, sauf exception, de peu d’intérêt patrimonial.

Les différents types de temples subsistants reflètent donc l’histoire du protestantisme ; on peut distinguer deux périodes :
La première après le développement rapide de la nouvelle religion, connut un coup d’arrêt brutal avec la révocation de l’édit de Nantes.
La seconde après la rétablissement de la liberté des cultes par la Révolution a connu plusieurs styles successifs.

Lorsqu’un village entier se convertit, le plus souvent la communauté s’installe dans l’église du village . (Pontaix, Saint-Privat de Metz ou Saint-Sauveur-d’Orléans). Mais, dans la majorité des cas, les protestants préfèrent construire selon des normes plus adaptées à leur nouvelle religion : d’une part les fidèles se rassemblent pour entendre la Parole et son commentaire, ce qui conduit à deux types de construction : soit un plan centré autour de la chaire, et donc une forme polygonale, (Caen, Lyon-Paradis 1564, Rouen, Bergerac, La Rochelle, Dieppe), soit une forme rectangulaire, inspirée du temple de Salomon (Charenton, construit par Jacques II Androuët du Cerceau en 1607, Montpellier, Nîmes, Anduze, Vezenobres, Puylaurens). On trouve souvent dans le Midi, une variante avec un arc longitudinal (Collet-de-Dèze, 1646, Vialas). Dans tous les cas, la clarté, est recherchée, avec de grandes baies. D’autre part, le refus de la sacralité catholique, le culte pouvant être célébré n’importe où, conduit à des monuments sans aucune décoration extérieure. Les édits royaux exigent, en outre, qu’ils soient sans élévation et sans tour ou grand clocher.

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