Meubles et objets liés au sacrement du baptême

Les meubles et objets liés au baptême varient selon la tradition de l’église dans laquelle ils se trouvent. Et encore il n’existe, en effet, aucune règle précise en la matière : des objets du quotidien peuvent parfaitement être utilisés. Fonts baptismaux, aiguières et bassins dans la tradition luthéro-réformée, piscine baptismale dans les églises évangéliques et baptistes sont les plus courants.

Un emplacement au cœur de la communauté

  • Fonts baptismaux
    Fonts baptismaux © Collection privée

Que le baptême soit administré à un enfant ou à un adulte, ce sacrement est généralement célébré lors du culte dominical, en présence de la communauté paroissiale. De ce fait, le baptême est généralement célébré dans le chœur, visible de l’ensemble des fidèles, près de la table de communion. Ceci constitue une différence fondamentale avec les édifices du culte catholique dont les fonts baptismaux sont situés dans une chapelle au plus près de l’entrée pour chasser les démons avant de pénétrer plus avant.

Les fonts baptismaux

  • Fonts baptismaux
    Fonts baptismaux © Collection privée

Les fonts baptismaux sont essentiellement dédiés au baptême des enfants. Ils sont généralement constitués d’une vasque en métal, en verre ou en faïence posée ou fixée sur un support en pierre, en bois ou en métal. Contrairement aux fonts baptismaux catholiques, ils ne possèdent pas de trous d’écoulement dans le sol, l’eau, non bénite, étant évacuée sans précaution particulière.

Leur usage n’est en aucun cas indispensable, mais ils sont présents dans la plupart des édifices luthériens, dans la continuité de la pratique médiévale, mais avec un changement d’emplacement par rapport à l’usage catholique : ils passent d’une chapelle près de l’entrée au chœur. Ils sont parfois aussi situés dans un espace spécifique (Paris, temple du Bon-Secours). Ils peuvent alors être en pierre (Nouvel-Avricourt, Moselle) ou en bois. Leur ornementation se rapporte le plus souvent au vocabulaire architectural de l’édifice. Il évoque parfois aussi la symbolique du baptême : colombe du Saint-Esprit, le poisson ou le terme grec Ichthus (qui reprend les initiales des mots grecs signifiant « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur »).

En Suisse alémanique, dans les édifices de tradition réformée, les fonts baptismaux peuvent être au centre du chœur où, recouverts d’un plateau de bois, ils se transforment en table de communion. L’emploi des fonts baptismaux se répand en France dans la 2e moitié du 19e siècle sous l’influence des réflexions théologique du pasteur Eugène Bersier (1831-1889) et des Alsaciens qui s’installent à Paris. Ils sont le plus souvent en bois et métal (Paris, temples de Pentemont et  Saint-Esprit) et reprennent parfois les mêmes éléments décoratifs que la table de communion (Paris, Oratoire du Louvre).

Les aiguières et bassins

Utiles pour les baptêmes par effusion ou aspersion, les ensembles de baptême sont composés d’une aiguière et d’un bassin ou d’un plat de présentation qui ne diffèrent pas ou peu des pièces civiles ou utilisées dans le rite catholique pour les ablutions.

En argent, métal argenté, étain ou autre métal, verre, céramique, ils ne présentent que rarement un décor spécifique qui peut être l’inscription d’un verset biblique (Nilvange, Moselle), une croix, un poisson ou une colombe du Saint-Esprit ou, de manière plus exceptionnelle, une représentation du baptême du Christ (Wissembourg).

Ils peuvent être utilisés en compléments de fonts baptismaux ou indépendamment.

Tout autre récipient tels que gobelet, écuelle ou même carapace de tortue (Mialet, musée du Désert, provenant d’une mission à Madagascar) ont pu ou peuvent être utilisés.

Les autres objets liés au baptême

  • Souhait de baptême, papier ajouré au canivet et peint
    Souhait de baptême, papier ajouré au canivet et peint © Musée alsacien

Dans la tradition luthérienne, les lettres de baptême sont fréquentes. Données par le parrain ou la marraine, elles témoignent de son engagement. Il s’agit le plus souvent d’images peintes ou imprimées, plus rarement en verre églomisé (Strasbourg, Musée alsacien) ou de découpages au canivet. L’image représente le plus souvent une scène de baptême. A cette lettre, est souvent associé un écu de baptême, conservé enveloppé dans la lettre et placé dans un étui de tissu ou, parfois dans une boîte spécifique en métal portant une inscription ou un décor lié au baptême.

Dans le même esprit, des images de confirmation sont données par le pasteur, avec le plus souvent un texte écrit de sa main, comprenant une exhortation et un verset biblique.

Les piscines baptismales

  • Baptême par immersion à l'église baptiste de la rue de Lille à Paris (1876)
    Baptême par immersion à l'église baptiste de la rue de Lille à Paris (1876)

La piscine baptismale est attestée au moins depuis le milieu du 19e siècle dans les églises baptistes et se développe dans les églises évangélistes : ces églises pratiquent généralement le baptême des adultes par immersion.

La piscine baptismale, de plan rectangulaire ou circulaire, maçonnée ou carrelée, est creusée dans le sol, soit dans le chœur, soit à l’arrière de la chaire pastorale. Il existe dans certains cas un deuxième bassin qui reste vide pour le pasteur. Un plancher amovible peut recouvrir le bassin en dehors des baptêmes (Paris, temple de la rue du Maine).

La piscine baptismale peut également prendre la forme d’une baignoire, voire d’un cercueil (Toulouse), évoquant ainsi, symboliquement, la mort de l’homme renouvelé par le baptême.

Si le baptême a lieu en extérieur, il peut être célébré dans un cours d’eau ou dans la mer, ou plus simplement dans une piscine gonflable.

Bibliographie

  • Livres
    • BOUVET Mireille-Bénédicte , Protestantismes, vocabulaire typologique, Editions du Patrimoine, Paris, 2017

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