Les orthodoxes

Le schisme d’Orient sépare en 1054 les Églises d’Orient et d’Occident. Les orthodoxes constituent la principale branche des chrétiens d’origine orientale.
Leur organisation varie au cours des siècles. Après les Églises de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, plusieurs Églises autocéphales se sont constituées.

Les filiations des confessions chrétiennes
Les filiations des confessions chrétiennes © Musée Virtuel du Protestantisme

 Légende
C : Catholiques d’origine orthodoxe                     
D : Catholiques antérieurs au schisme d’Orient
E : Chrétiens d’origine catholique malabare          
F : Catholiques d’origine malankare         

Le schisme d’Orient en 1054

  • Croix grecque
    Croix grecque © Wikimedia Commons

Les Églises d’Orient et d’Occident formaient une même Église lorsque le schisme d’Orient survient en 1054. Le schisme se traduit par des excommunications réciproques. Il est dû à des divergences anciennes, accentuées par des querelles :

– d’ordre hiérarchique (l’évêque de Rome revendique la première place hiérarchique dans le clergé chrétien),

– d’ordre théologique (querelle du filioque : le Saint-Esprit procède-t-il du Père, ou bien du Père et du Fils ? Ce dogme du filioque, qui a été introduit par Charlemagne dans la version latine du Credo, est rejeté par les Églises d’Orient),

– d’ordre liturgique et ecclésial (le patriarche de Constantinople reproche aux latins l’observance du jeûne le samedi et la permission de la consommation de laitages pendant la première semaine du Carême ; il dénonce également l’obligation du célibat des prêtres).

Mais les excommunications de 1054, en dépit de leur caractère spectaculaire, n’ont qu’une portée mineure, et les relations entre Constantinople et Rome perdurent. La rupture réelle est consommée en 1203-1204, lors du sac de Constantinople par les Croisés de la 4e croisade. En 1439, l’Église orthodoxe, cherchant du soutien pour faire face à la menace turque, accepte de participer à un concile œcuménique, qui se termine à Florence en 1439, décide de l’union des Églises grecques et latine mais reste sans effet. La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 accentue la séparation entre catholiques et orthodoxes.

Les Églises orthodoxes

  • Croix orthodoxe russe
    Croix orthodoxe russe © Thinkstockphotos

L’Église orthodoxe, ou Communion des Églises orthodoxes, regroupe l’ensemble des « Églises des sept Conciles », c’est-à-dire celles qui ne reconnaissent que les sept premiers conciles œcuméniques.

En 1516, le sultan ottoman a conquis tout le Moyen-Orient, Constantinople devient alors la capitale religieuse des orthodoxes : le patriarche de Constantinople exerce son autorité sur les patriarcats de Jérusalem et Alexandrie ; il conserve encore aujourd’hui une prééminence honorifique parmi les autres patriarches orthodoxes et porte le titre de patriarche œcuménique.

Il existe des Églises orthodoxes autonomes et des Églises indépendantes. Mais les Églises les plus importantes sont les Églises autocéphales qui ont à leur tête un patriarche ou un métropolite indépendant. Leur nombre varie au cours des siècles. Celles qui sont reconnues par toutes les autres sont aujourd’hui les Églises orthodoxes :

– de Constantinople ;
– d’Alexandrie ;
– d’Antioche ;
– de Jérusalem ;
– de Géorgie ;
– de Chypre ;
– de Serbie ;
– de Russie ;
– de Grèce ;
– de Roumanie ;
– de Bulgarie ;
– d’Albanie ;
– de Pologne ;
– de République tchèque et Slovaquie.

Il existe également quelques Églises autocéphales non reconnues par toutes les autres.

Le conflit entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople

Le patriarcat de Moscou et de toutes les Russies est créé indépendant de celui de Constantinople en 1559 et devient autocéphale.

Avec l’avènement du régime soviétique, l’Église orthodoxe est mise sous tutelle du régime, tandis que la plupart des Églises orthodoxes russes d’Occident quittent le patriarcat de Moscou pour s’affilier à celui de Constantinople.

Après la chute du régime communiste soviétique, le patriarcat de Moscou reste pourtant de loin plus important par le nombre de ses fidèles en Russie et en Ukraine que celui de Constantinople.

En 2015, le patriarche œcuménique Bartholomée organise un concile panorthodoxe en Crète alors qu’aucun ne s’était tenu depuis 1054 mais le patriarche Kirill de Moscou, voulant affirmer son indépendance, refuse de s’y rendre.

En Ukraine, le métropolite (archevêque) de Kiev souhaite se dégager de la tutelle de Moscou qui remonte au XVIIe siècle et revendique l’autocéphalie. Bartholomée, considérant qu’en droit la métropole de Kiev n’a jamais cessé de relever de Constantinople, envisage de reconnaître son autocéphalie sur l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ceci provoque le schisme du patriarcat de Moscou avec celui de Constantinople.

En 2019, Bartholomée accorde l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Par la suite la majorité des diocèses de l’Église orthodoxe ukrainienne, affiliée à Moscou, choisissent de se rattacher à l’Église orthodoxe d’Ukraine, devenue autocéphale. Le patriarche de Moscou perd ainsi de très nombreux diocèses et sa source historique qui remonte au choix du prince Vladimir de Kiev de retenir le christianisme byzantin, en 988.

Les branches catholiques issues de l’orthodoxie

Trois branches se détachent de l’orthodoxie pour rejoindre le catholicisme, tout en conservant leur liturgie :

– l’Église gréco-catholique d’Ukraine en 1596,
– l’Église gréco-catholique de Roumanie en 1688,
– l’Église grecque melkite catholique, issue de l’Église d’Antioche, en 1724.

Avancement dans le parcours

Bibliographie

  • Livres
    • ARMOGATHE Jean-Robert, Histoire générale du christianisme, PUF, 2010
    • CASIDAY Augustine, The orthodox christian world, Routledge, Londres/New york, 2012
    • MEYENDORFF Jean, L’Église orthodoxe, Seuil, Paris, 1995

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